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Marketing digital

Référencement IA : être cité par ChatGPT quand on est un commerce local

Quand un client demande à ChatGPT ou à Google « un bon plombier près de chez moi », d'où vient la réponse ? Ce que Google et OpenAI disent eux-mêmes du référencement IA, ce qu'un commerce local peut faire dès cette semaine, et les promesses à fuir.

Delphine Ducarme13 min de lecture

Une rue de village avec ses commerces, ses façades anciennes et ses jardinières fleuries

Faites l’essai. Ouvrez ChatGPT, ou la recherche de Google, et demandez « un bon plombier à Narbonne », en remplaçant le métier et la ville par les vôtres. Votre entreprise apparaît-elle dans la réponse ? Et celle de votre concurrent ?

Les jeunes générations, et les moins jeunes, commencent à être friands de ces réponses, surtout depuis l’arrivée des aperçus IA dans Google. Le référencement IA est un sujet urgent à traiter, parce que Google ne reculera pas sur ces aperçus.

Sur ce sujet, je m’appuie sur le travail de Fabrice Ducarme, mon mari, spécialiste du marketing et de l’IA. Ce qui suit vient d’abord de ce que Google et OpenAI écrivent eux-mêmes, dans leur documentation. Les promesses d’agences attendront.

En bref. Le référencement IA vise à faire apparaître un site ou un commerce dans les réponses des intelligences artificielles : ChatGPT, les aperçus IA et le mode IA de Google. Google et OpenAI le disent tous deux : il n’existe pas de recette spéciale, et rien n’est garanti. Pour un commerce local, les bases restent celles du référencement classique : une fiche d’établissement Google complète et à jour, un site qui répond précisément aux questions des clients, et des robots d’exploration qu’on ne bloque pas. L’enjeu grandit vite : selon le Baromètre du numérique 2026 du CRÉDOC, 48 % des Français de 12 ans et plus utilisaient l’IA générative en 2025, contre 20 % en 2023.

Ce qui a changé en 2026

Le 22 juillet 2026, Google a lancé en France ses aperçus IA et son mode IA. Le principe : au lieu d’une liste de liens, le moteur rédige une réponse, avec quelques liens pour aller plus loin. Pour y parvenir, le mode IA « découpe votre question en plusieurs sous-thèmes et lance simultanément une multitude de recherches ».

Les usages suivent. Le Baromètre du numérique 2026 a été réalisé par le CRÉDOC pour l’Arcep, l’Arcom et l’État, auprès de 4 145 personnes. Il compte 48 % d’utilisateurs de l’IA générative en juin 2025 parmi les Français de 12 ans et plus. Ils étaient 33 % un an plus tôt, 20 % en 2023. Chez les 18-24 ans, la part monte à 85 %. Le premier usage cité par les utilisateurs est la recherche d’information (73 %).

Que devient le clic vers votre site ? Aux États-Unis, le Pew Research Center a suivi la navigation de 900 adultes en mars 2025. Quand un résumé IA apparaît, les internautes cliquent sur un résultat dans 8 % des visites, contre 15 % sans résumé. Ils ne cliquent sur un lien du résumé lui-même que dans 1 % des cas. Le client obtient sa réponse sans passer chez vous.

Pour les recherches locales, les données manquent encore en France : nous n’avons trouvé aucune enquête publique sur l’usage des IA pour choisir un commerce. Aux États-Unis, un éditeur de logiciels de référencement local, BrightLocal, avance que 45 % des consommateurs interrogés ont utilisé une IA pour trouver une adresse locale en 2026, contre 6 % un an plus tôt. Le chiffre vient d’un vendeur, et d’un autre pays : il indique une direction, rien de plus.

D’où viennent les réponses de ChatGPT

OpenAI explique le fonctionnement de sa recherche dans son centre d’aide. ChatGPT réécrit la question de l’utilisateur en une ou plusieurs requêtes, qu’il envoie à des moteurs de recherche partenaires (OpenAI cite Microsoft). Il tient compte d’une position approximative, tirée de l’adresse internet de l’appareil : « good restaurants near me » devient, dans l’exemple d’OpenAI, « top restaurants San Francisco ». Pour les fiches de commerces proches, OpenAI dit s’appuyer sur des fournisseurs tiers, sans les nommer. OpenAI prévient : le classement des résultats n’est pas garanti.

Côté technique, un seul réglage dépend de vous. OpenAI utilise plusieurs robots d’exploration, décrits dans sa documentation :

  • OAI-SearchBot sert à faire apparaître les sites dans les réponses de recherche de ChatGPT. Un site qui le bloque n’y sera pas montré
  • GPTBot sert à l’entraînement des modèles. On peut le bloquer sans disparaître de la recherche : les deux réglages sont indépendants
  • ChatGPT-User visite une page quand un utilisateur le demande, sans rôle dans le classement

Ces autorisations se règlent dans un petit fichier du site, le robots.txt (le fichier qui dit aux robots ce qu’ils peuvent lire). Selon OpenAI, un changement est pris en compte en vingt-quatre heures environ. La règle d’accès est simple : d’après la FAQ d’OpenAI pour les éditeurs de sites, tout site public peut apparaître dans la recherche de ChatGPT.

Et celles de Google

Google est encore plus net. Sa page sur les fonctions d’IA et votre site l’écrit en toutes lettres : il n’existe « aucune exigence supplémentaire » pour apparaître dans les aperçus IA ou le mode IA, ni « optimisation spéciale » nécessaire (nous traduisons). Une page indexée, qui peut s’afficher avec un extrait dans les résultats classiques, peut être reprise.

Son guide pour l’IA générative, mis à jour le 10 juillet 2026 (Optimizing for generative AI), apporte la précision qui compte pour un commerce. La fiche d’établissement Google peut aider vos produits et services à être visibles à la fois dans les réponses de l’IA et dans les autres résultats de la recherche Google. La fiche que vous tenez pour Google Maps travaille donc aussi pour les aperçus IA.

Un réglage de la Search Console, l’outil gratuit de Google pour suivre son site, permet même d’exclure son site des fonctions d’IA (aide de Google). L’inclusion est le choix par défaut. Pour un commerce qui veut être trouvé, il n’y a aucune raison d’y toucher.

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Pourquoi une réponse précise l’emporte

Le chercheur Herbert Simon l’écrivait dès 1971 (Designing Organizations for an Information-Rich World) : « une abondance d’information crée une pénurie d’attention » (nous traduisons). Une IA qui répond à « un bon plombier à Narbonne » fait ce travail de tri : elle condense des centaines de pages en quelques lignes. Elle retient ce qui répond à la question, clairement, avec des faits précis.

Le philosophe Paul Grice a décrit en 1975 les règles implicites d’une bonne conversation, ses « maximes » (Stanford Encyclopedia of Philosophy) : dire ce qui est vrai, en dire autant qu’il faut et pas plus, rester pertinent, être clair. Grice parlait des humains. L’analogie éclaire pourtant ce qu’une IA cherche sur votre site : une page vraie, précise, pertinente pour la question, et lisible. Une bonne page ressemble à une bonne réponse au téléphone : elle dit vrai, elle va droit au but, et elle ne noie pas le client sous les adjectifs.

Une étude universitaire va dans ce sens. Pranjal Aggarwal et ses collègues ont testé en 2023 ce qui augmente la visibilité d’une page dans les réponses d’un moteur génératif (GEO: Generative Engine Optimization, présentée en 2024). Citer ses sources, ajouter des citations et des statistiques augmentait la visibilité de 30 à 40 % selon l’une de leurs mesures. Bourrer la page de mots-clés ne servait à rien. Leurs tests portaient sur un moteur simulé et sur Perplexity, sans requête locale : à prendre comme une piste, pas comme une méthode garantie.

Ce qu’un commerce local peut faire, concrètement

  1. Tenir sa fiche d’établissement Google complète et à jour : horaires (jours fériés compris), catégories, services, zone d’intervention, photos récentes, réponses aux avis. Notre article Être visible dans sa ville sans dépenser un euro de publicité détaille la méthode
  2. Vérifier que rien ne bloque les robots : demandez à la personne qui gère votre site si le fichier robots.txt autorise OAI-SearchBot et le robot de Google
  3. Écrire une page par service, qui répond aux questions que vos clients posent au téléphone : ce que vous faites, où, dans quels délais, à partir de quel prix si vous pouvez l’annoncer
  4. Dire ce que vous seul pouvez dire : vos réalisations, vos cas concrets, votre façon de travailler. Google oppose dans son guide un avis rédigé d’après une expérience personnelle, qui apporte un point de vue unique, au simple résumé de ce qu’on trouve déjà ailleurs
  5. Donner des faits vérifiables : vos garanties, vos délais réels, l’année de création, le nombre de chantiers ou de clients, avec leur source quand il y en a une
  6. Mesurer : selon OpenAI, les visites venues de ChatGPT portent la mention utm_source=chatgpt.com, visible dans votre outil de statistiques

Tout cela, c’est le travail d’un bon référencement local, fait sérieusement. La différence, en 2026, est que le négliger coûte plus cher : la réponse de l’IA tient en quelques lignes, et il n’y a pas de deuxième page.

Une page de service qui répond : un exemple

Prenons une page de plombier, fictive. Avant :

Entreprise dynamique et réactive, nous intervenons pour tous vos travaux de plomberie avec professionnalisme et sérieux.

Rien, dans cette phrase, ne répond à une question. Une IA, comme un client, n’en retient rien. Après :

Dépannage de plomberie à Narbonne et dans un rayon de 20 kilomètres (Gruissan, Coursan, Sigean). Intervention le jour même pour une fuite, du lundi au samedi, de 8 heures à 19 heures. Déplacement et diagnostic : 60 euros, déduits si les travaux sont réalisés. Devis écrit avant toute intervention de plus de 150 euros. Entreprise créée en 2009, deux plombiers.

La seconde version dit où, quand, combien, et depuis quand. Elle répond aux questions que le client tape, ou qu’il pose à une IA. Les chiffres de l’exemple sont inventés : mettez les vôtres, et seulement ceux que vous tenez vraiment. Une page précise qui se révèle fausse fait plus de tort qu’une page vague.

Vérifier chaque mois ce que l’IA dit de vous

Les IA se trompent, y compris sur des faits simples. Une étude de l’Union européenne de radio-télévision et de la BBC (News Integrity in AI Assistants, octobre 2025) a fait relire par 22 médias publics des réponses de quatre assistants sur l’actualité. Sur 2 709 réponses, 45 % contenaient au moins un problème important. Votre commerce n’est pas à l’abri d’horaires faux ou d’une adresse ancienne.

Une fois par mois, prenez dix minutes :

  • Posez à ChatGPT et à Google les trois ou quatre questions qu’un client poserait (votre métier, votre ville, un besoin précis)
  • Notez qui apparaît, et ce qui est dit de vous
  • Quand une information est fausse, corrigez-la à la source : votre fiche Google, votre site, l’annuaire d’où elle vient
  • Gardez une trace datée de vos essais, pour voir l’effet de vos corrections au fil des mois

Les promesses à fuir

Le sujet attire les marchands de recettes. Méfiez-vous de quiconque vous garantit une place dans ChatGPT : OpenAI lui-même écrit que le classement n’est pas garanti. Google, dans son guide, liste ce qu’on peut ignorer sans regret :

  • Créer des fichiers spéciaux « pour l’IA », comme le fameux llms.txt
  • Découper ses textes en petits morceaux pour que l’IA les comprenne mieux
  • Réécrire ses pages dans un style particulier, pensé pour l’IA
  • Ajouter un balisage technique spécial : les données structurées ne sont pas requises pour la recherche par IA
  • Chercher des « mentions » artificielles sur le web

Le mot GEO (pour « generative engine optimization », l’optimisation pour les moteurs génératifs) vient de l’étude d’Aggarwal. Google l’emploie aussi, pour dire que les bonnes pratiques restent celles de toujours. Une agence qui vend du GEO sans parler de votre fiche Google ni du contenu de vos pages vend surtout un mot. Posez-lui une question simple : sur quelle documentation de Google ou d’OpenAI s’appuie sa méthode ? Une réponse sérieuse cite des pages précises.

Questions fréquentes

Comment apparaître dans ChatGPT ?

Ne bloquez pas le robot OAI-SearchBot dans le fichier robots.txt de votre site. OpenAI ne publie aucun autre critère, et précise que le classement n’est pas garanti. Le reste relève du bon référencement : un site clair, des pages qui répondent aux questions des clients, des informations à jour.

Qu’est-ce que le GEO ?

Le « generative engine optimization » désigne le travail pour qu’un contenu soit repris dans les réponses des moteurs à base d’IA. Le terme vient d’une étude universitaire de 2023. Google rappelle que les règles du référencement classique s’appliquent, sans technique spéciale.

Faut-il un fichier llms.txt ?

Non, pas pour Google. Son guide indique que, pour apparaître dans la recherche, il n’est pas nécessaire de créer de nouveaux fichiers lisibles par les machines ou de fichiers texte pour l’IA.

ChatGPT utilise-t-il Google Maps ?

Aucune source officielle ne le dit. OpenAI cite Microsoft parmi ses moteurs partenaires, et des fournisseurs tiers, non nommés, pour les fiches de commerces. Votre fiche Google, elle, compte pour les réponses d’IA de Google.

Peut-on empêcher les IA d’utiliser son site ?

Oui, en partie. On peut bloquer GPTBot pour refuser l’entraînement des modèles d’OpenAI sans quitter sa recherche, ou exclure son site des fonctions d’IA de Google depuis la Search Console. Pour un commerce qui veut être trouvé, c’est rarement une bonne idée.

Cette semaine, une heure

Refaites l’essai du début avec trois questions qu’un client pourrait poser, et notez qui apparaît. Ouvrez ensuite votre fiche Google et corrigez ce qui n’est plus vrai. Puis envoyez un message à la personne qui gère votre site, pour vérifier le fichier robots.txt.

Deux formations sont en préparation sur ces sujets. Dans notre famille Marketing digital : Google Business Profile et visibilité locale. Dans la famille IA au quotidien : GEO, être visible dans les réponses des IA.

Sources

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